Les Séminaires en ligne

Exclusivement sur internet, l’Université en ligne du Judaïsme:

http://universitedujudaisme.akadem.org/les-cours/

Accès gratuit et permanent.

 

Isabelle Cohen                                                                                                                                      BIBLE

Job ou la vertu mal récompensée.

Le Livre de Job soulève la question du scandale représenté par la souffrance du juste, déjà présente dans les écrits du Proche-Orient antique du deuxième millénaire, pour en proposer un renouvellement sans appel et resté inégalé. C’est sans doute l’une des raisons de son intemporelle actualité, car il constitue une charge contre la doctrine de la rétribution — selon laquelle tout bienfait est récompensé, de même que tout acte destructeur est puni.

Le vingtième siècle, caractérisé par la mise paroxystique de la raison au service de la destruction, et le vingt-et-unième semblant accélérer la marche du monde vers de nouveaux totalitarismes, justifient a posteriori cette charge.

Comment la tradition juive lit-elle ce livre ? Quel horizon de justice désigne-t-elle à une humanité résolue au bonheur de tous et à la liberté ? C’est à ces questions que nous tenterons de répondre en étudiant trois thèmes transversaux : la trahison des amis, la souffrance, la faille de Job.

Mise en ligne : tous les mois à partir d’octobre 2016.

 

Éric Smilévitch                                                                                                                                   BIBLE

Des proverbes aux paraboles

Introduction au « Livre des paraboles » (Michlé / משלי)

Depuis la traduction grecque des Septante, le livre Michlé est traditionnellement traduit par « Livre des Proverbes ». L’œuvre est reçue et comprise dans l’horizon d’une sagesse populaire, “proverbiale”, et toute la dimension philosophique et éthique de Michlé est ainsi effacée.

Cependant, la traduction exacte et rigoureuse du titre est « Livre des Paraboles ». La notion de “parabole” est fondamentale dans les textes bibliques ; elle est porteuse de message et met en jeu une conception de la sagesse foncièrement différente des sagesses grecque et latine.

Notre étude portera d’abord sur la notion de mashal/משל (“parabole”) dans la Bible. Puis nous tenterons de faire dans Michlé le point sur les traductions grecques et latines. Nous analyserons ensuite dans la perspective des paraboles certaines figures clés du livre : le “naïf”, le “sot”, le “cynique” et le “sage”. Nous essaierons enfin de préciser la nature de la sagesse dans ce livre.

Mise en ligne : à partir du second semestre.

 

Bernard Maruani                                                                                                                             MISHNA

L’auto-immolation comme subversion de l’ordre et de la Loi

(Traité Nazir).

Rédigée au IIe siècle de l’ère commune, la Mishna est le code juridique autour duquel s’est élaborée la Guémara — qui en est le commentaire couché plusieurs siècles après par écrit et qui constitue avec elle le Talmud. C’est à partir de ce double socle que la tradition rabbinique s’est déployée jusqu’à nos jours. Ce cycle présentera les principes et les concepts fondamentaux de la Mishna à travers le traité Nazir.

Le nazir (l’abstinent), dont Samson est l’une des figures bibliques, est un individu, homme ou femme, qui a fait vœu de nazirat. Statut qui se traduit par trois interdictions : se couper les cheveux ; consommer de la vigne ; et toucher un cadavre  (Nb 6) — lesquelles, enseigne le Talmud, le rendent égal au grand prêtre. Nul n’a demandé au nazir de le devenir, et certes pas la Loi, le Talmud allant jusqu’à le qualifier de ‘hoté (pécheur) ; mais il a été submergé, possédé jusqu’à l’ivresse, d’un désir de sainteté aussi puissant que le désir sexuel. Ce désir de cesser d’être ordinaire, la Loi en prend acte et lui confère un statut, mais n’a de cesse de le canaliser, et ne lui concède que ces trois interdictions.

Nous aborderons la problématique du nazir au fil de trois questions : l’inadéquation du langage à traduire le désir ; l’emprise du regard et la fascination de l’imitation ; le rapport au temps et à la mort.

Mise en ligne : tous les mois à partir d’octobre 2016.

 

Liliane Vana                                                                                                                                     HALAKHA

La Halakha face à la médecine du XXIe siècle.

La médecine contemporaine a apporté — pour notre grand bonheur — des solutions inattendues à de nombreux problèmes face auxquels elle était totalement impuissante par le passé. Des techniques nouvelles ont été élaborées et ne cessent d’évoluer dans tous les domaines médicaux.

Cependant, elles soulèvent de nombreuses questions d’ordre éthique, bioéthique, religieux. On s’interrogera sur le point de savoir si de telles techniques médicales sont permises par la loi juive. Quels en sont les fondements halakhiques, et comment sont-ils mis en œuvre au XXIe siècle afin de pouvoir aborder des questions aussi nouvelles que révolutionnaires : telle l’assistance médicale à la procréation ; la grossesse pour autrui (mères porteuses) ; le don de sperme ou d’ovocytes ; le don ou la greffe d’organes. 

Mise en ligne : tous les mois à partir d’octobre 2016.


Simon Schwarczfuchs                                                                                            SCIENCE POLITIQUE

Autorité et pouvoir dans la communauté juive médiévale.

Au cœur de l’exil, il y eut des institutions politiques juives : à Babylone (Bagdad de l’empire islamique), s’institua le système des deux pouvoirs (le Gaon et le Resh Galutha). A cette structure succéda en Europe, et dans le monde séfarade ultérieurement, le modèle du  « Kahal »  et des chartes communautaires (Takkanot HaKahal). Enfin un troisième modèle émergea en Pologne et dans les territoires alentour avec le « Conseil des Quatre Pays » (Vaad Arba haAratzot)

Mise en ligne : à partir du second semestre.

 

Dan Jaffé                                                                                                                                            HISTOIRE

Les grands courants dans la société juive du Second Temple :

Pharisiens, Saducéens, Esséniens.

La fin de l’époque du Second Temple (IIe siècle avant l’ère commune – Ier siècle de l’ère commune) se distingue par une pluralité de mouvements juifs porteurs de conceptions ritualistes, politiques et religieuses fort différentes les unes des autres. Cette hétérogénéité se traduit par une production littéraire divergente, composée de corpus légalistes, apocalyptiques, eschatologiques, ou fortement hellénisée.

Comment caractériser sociologiquement et historiquement ces courants ?  De quoi sont-ils le symptôme ? Parmi ce foisonnement, peut-on dire que le Temple de Jérusalem représentait un point de cohésion sociale et rituelle ?  Doit-on parler de “judaïsme” ou, comme le font certains auteurs, de “judaïsmes” ?

Mise en ligne : à partir du second semestre.

 

Emmanuel Friedheim                                                                                                                    HISTOIRE

Rabban Yohanan ben Zakkaï et Rabban Gamaliel,

le judaïsme après la destruction du Temple.

Après la destruction du sanctuaire juif par les Romains en 70 de l’ère commune, les Juifs entreprirent de reconstruire leur entité nationale. Nous tenterons de comprendre historiquement les phénomènes politiques, socio-économiques, religieux et culturels qui rendirent cette entreprise possible — sur la base de nombreuses sources, talmudiques, intertestamentaires, romaines, voire chrétiennes, afin de parvenir à reconstituer le cours des évènements cruciaux de cette période de l’histoire juive et la biographie mouvementée de deux figures rabbiniques emblématiques du renouveau.

Mise en ligne : à partir du second semestre.

 

Joseph Chétrit                                                                                                                                HISTOIRE

Les trois modernités séfarades :

Balkans, Afrique du Nord, Moyen-Orient.

Au XIXe siècle, différents processus socio-économiques et politiques, et en particulier le développement du commerce international, ont commencé à ouvrir le monde arabo-musulman à l’influence européenne et à sa culture. Ce vaste espace était alors dominé par l’Empire ottoman, avec ses dépendances au Proche-Orient et en Afrique du Nord, et comprenait de grandes communautés juives urbaines. Celles-ci, de par leur rôle économique traditionnel, furent les premières à entrer en contact aves les groupes de marchands européens qui s’installaient dans les ports et à connaître leurs formes de vie modernes. À partir de 1862, l’ouverture du réseau scolaire de l’Alliance dans la plupart de ces pays a permis à des milliers, et plus tard à des dizaines de milliers d’enfants, d’acquérir une éducation française moderne.

Parallèlement à cette modernité française, a commencé à se développer d’abord la lecture de la presse hébraïque nouvelle, propagatrice de la Haskalah hébraïque en Europe centrale et orientale ; puis la fondation dans ces communautés juives de cercles de jeunes influencés par ce mouvement  cherchant à allier tradition juive et modernité, qui publièrent à leur tour des journaux dans les judéo-langues du cru pour toucher le grand public.

Ces questions de l’ouverture à la modernité européenne seront abordées dans leurs trois expressions : la Haskalah hébraïque et judéo-espagnole dans l’Empire ottoman ; la Haskalah hébraïque et judéo-arabe au Proche-Orient ; la Haskalah hébraïque et judéo-arabe en Afrique du Nord.

Mise en ligne : à partir du second semestre.


Collectif                                                                                                                                          THÉOLOGIE

Les idées fondamentales du messianisme juif

(en collaboration avec l’Espace francophone d’Ashdod)

L’idée messianique, née dans la tradition d’Israël, a ouvert un immense horizon à l’humanité, fait d’espérance et de consolation. De la tradition à la modernité, elle a connu de nombreuses mutations.

Quels sont, justement, les fondements qui la caractérisent ? Y a-t-il un scénario de la geste messianique ? Que penser des échecs successifs des mouvements qui s’en inspirèrent au cours de l’histoire juive ? Représentent-ils une expression authentique ou bien dévoyée de cette idée ? Que nous transmettent les textes du judaïsme afin de faire le clair sur cette espérance inscrite par Maïmonide au nombre de ses treize articles de foi ?

- Hervé Rehby : Guéoula, la notion de rédemption.

   Mise en ligne après enregistrement du lundi 21 nov à 19h30.

– David Banon : La politique messianique.

   Mise en ligne après enregistrement du lundi 16 jan à 19h30.

– Shmuel Trigano : Les deux messies.

    Mise en ligne après enregistrement du lundi 27 fév à 19h30.

– Thierry Alcoloumbre : La fin des empires, vers une nouvelle humanité ?

Mise en ligne après enregistrement du lundi 20 mars à 19h30.

 

Tous nos cours peuvent être suivis sur internet, sur la page de l’Université en Ligne du Judaïsme:

http://universitedujudaisme.akadem.org/les-cours/

Vous pourrez y suivre aussi à votre gré les séminaires des années précédentes.

Les enregistrements réalisés en 2015-2016 seront en ligne dès octobre 2016.

 

 

In Memoriam

Nous avons eu la douleur de  perdre l’un de nos enseignants, Michel Attali (ז״ל), traducteur émérite et spécialiste de la pensée de la Kabbale, dont vous pourrez retrouver les conférences et séminaires sur le site de l’Université en ligne. Outre des travaux importants encore à éditer, il nous laisse la monumentale traduction, annotée et commentée, du Portail des Cieux, d’après le manuscrit en langue espagnole d’Abraham Cohen de Herrera (1570-1635), conservé à la bibliothèque Etz Haïm d’Amsterdam (éd. de L’Éclat, 2010).

Son absence se fera durement sentir à tous ceux et celles qui l’ont connu.

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